Les caniveaux de la voie verte

Une action participative libre est en cours…

Vous pouvez nous rejoindre pour remettre en valeur les caniveaux empierrés de la voie verte.

plus d’informations sur notre page Facebook…

Les travaux du 13 mars ont permis de mettre au jour des buses béton enfouies sous l’accumulation des gravats au fil du temps…

RÉUNION INTER ASSOCIATIONS

Samedi 10 octobre, à l’initiative de « Saint Rémy patrimoine », nous avons eu le plaisir de réunir une dizaine d’associations du patrimoine ou de responsables municipaux autour de notre passion commune.

A cette occasion, Monsieur Jondot, responsable de l’association « Tremplin, homme et patrimoine », nous a fait l’honneur de présider et d’animer notre séance en présentant les actions, astuces et connaissances nécessaires à la bonne réalisation d’actions de restauration d’édifices.

Monsieur Jondot précise que ce qui lui parait le plus important est de faire un inventaire le plus détaillé possible de l’existant. La méthode de travail (identique aux grands monuments historiques) est primordiale :

COMPRENDRE ce qui a justifié l’abandon du Patrimoine concerné (lavoir, église, château…)

.DIAGNOSTIQUER l’état du ou des bâtiments concernés :

*sanitaire.

* Structurel (sérieux de la construction)

* Fonctionnel (quelle fonction du bâtiment ?)

       ÉTABLIR un projet de restauration et enfin, le METTRE EN ŒUVRE

A l’issue de cette rencontre, une date a été programmé pour organiser une suite à cet événement, mais cette fois-ci, sur le territoire d’une autre commune…

A suivre !

MISE EN PLACE DE 4 NOUVEAUX PANNEAUX

Après beaucoup de travail, de recherches historiques, de collectes de photos et de documents, nous avons eu le plaisir de vous faire découvrir 4 nouveaux panneaux d’information historiques sur la commune.

Ces panneaux ont été installés par les services techniques de la ville que nous remercions très vivement pour le soutien qu’ils nous apportent.

Deux d’entre eux évoquent le passé du moulin de Quincampoix et du moulin de la perche, le troisième présente rapidement l’histoire du château de Taisey et le quatrième retrace l’histoire de l’actuel musée de l’école en Chalonnais.

Nous sommes déjà au travail pour la réalisation des prochains…

Édition du mercredi 29 juillet 2020, JSL

LE BOMBARDEMENT DU TRIAGE DE SAINT RÉMY

Avant toute explication détaillée il faut essayer de remettre les choses dans leur contexte.

       Dans cette période d’Août 1944 il faisait un temps superbe et une chaleur torride. Les troupes allemandes stationnaient sur la gare de triage de Saint-Rémy. Nombreux étaient ceux qui se baignaient dans le Saône, d’autres se tenaient au frais sous les ombrages du parc du «Relais »de la « voie Romaine (rue Auguste Martin maintenant). L’auteur de ces lignes était souvent parmi eux car c’était la période de récolte des fruits.

      Ailleurs les choses allaient assez mal pour les occupants mais assez bien pour nos libérateurs. C’était la période où Paris avait entamé sa phase de libération et les résistants comme les troupes alliées avançaient à l’intérieur de la capitale. Par ailleurs, les troupes alliées avaient débarqué en Provence le 15 Juin et remontaient la vallée du Rhône à une vitesse imposante (français rive droite et alliés rive gauche).

Source: Marcel Vallot

       Les convois ferrés allemands étaient bloqués à Saint-Rémy par les sabotages des voies à partir de Fontaines et ils étaient bien obligés de stationner là. De toute façon aussi la voie ferrée était bloquée entre Le Creusot et Chagny par l’arrêt d’un grand train blindé allemand.

      Les alliés avaient été prévenus de cette situation par les résistants et certains correspondants des services secrets ou des cheminots. Malheureusement ces personnes ignoraient la présence d’un train complet rempli de « cheddite », explosif très puissant. Il paraît que ce train stationnait dans la gare de Chalon mais avait été déplacé après une demande réitérée des religieuses tenant un orphelinat pour jeunes filles, orphelinat situé rue  du Nord à Saint Cosme (à vérifier).

      Le matin du 25 Août 1944 un prêtre allemand venant faire sa toilette au puits du Relais (il n’y avait pas encore l’eau courante dans la commune sauf le long des quais de Saône, quartier dit « en Californie ») dit en s’adressant aux locataires :

«  Avions venir, prendre photos, ce soir boom-boom » Bien sûr nul n’y a fait attention.

      D’après des témoins du moment les voies de garage étaient remplies de wagons : 5 files  le long de la nationale n°6, ces derniers étant des wagons comportant une croix rouge peinte sur le toit, puis le même nombre mais en wagons à bestiaux du type 40 hommes- 8 chevaux transportant des marchandises, puis ce fameux train rempli d’explosifs et enfin, côté prairie  cinq trains wagons à bestiaux dont nous reparlerons plus loin.

Source: Marcel Vallot

   D’  autre part, le long de la nationale n°6, à Californie, les convois routiers n’arrêtaient pas de passer, bloqués même parfois.

      La journée s’est passée calme et, sortant de son travail à cinq heures, mon père vint nous rejoindre pour aller prendre notre bain traditionnel dans la Thalie. Au moment de nous mettre à l’eau vers 17H.30 nous avons entendu des bruits bizarres et, levant la tête, nous avons vu deux appareils « mosquito » de la Royale Air Force, mais pilotés par des Canadiens, tourner autour de la centrale thermique située de l’autre côté de la Saône. Aussitôt mon père nous fit rhabiller et nous dit de remonter à l’abri dans la maison et de descendre  dans la cave. Et ce fut la galopade précipitée.

    Et puis les sirènes se mirent à hurler !

    Témoignage du responsable de l’entrepôt du Casino : « en entendant les sirènes et le bruit des mitraillages des convois allemands nous sommes tous sortis pour voir ce qui se passait. Heureusement pour nous d’ailleurs car au bout de quelques instants il y eut deux terribles explosions et le bâtiment des employés s’effondra comme un château de cartes. » (archives municipales Chalon-D.V.D.).

      Pendant la période de mitraillages nous avions pris très vite le chemin de la maison, mais, arrivant au droit d’un grand cerisier au pied du mur de soutènement du jardin le premier avion piqua en mitraillant en direction de la voie ferrée. Du coup ce fût le retour en rampant entre les rangs de haricots ou les pommes de terre. Pensez à notre état !!!

Source: Marcel Vallot

Arrivés derrière le mur séparant la propriété voisine nous avons eu droit au passage du second avion mitrailleur. J’en garde encore le souvenir des flammes qui sortaient de ses ailes (en fait ce devaient être des balles traçantes) et il lâcha ses bombes sur le convoi central. Aussitôt celui-ci prit feu. L’avion reprit de la hauteur et je le vis s’éloigner vers la Bresse avec des flammes et une fumée noire qui s’échappaient de ses ailes. Et puis il y a eu la vision des trains qui commençaient à brûler en dégageant une épaisse fumée noire. Nous nous sommes précipités chez les voisins Bourdaillet et là, dans leur salle de séjour nous nous sommes trouvés au milieu de plusieurs allemands. Ceux-ci nous ont pris, nous les enfants, derrière eux pour nous protéger. C’est à ce moment-là qu’eurent lieu les deux explosions du train de cheddite. Pourquoi deux : et bien  parce que le train était partagé en deux par un wagon vide.

     Ce fût horrible ! Toutes les fenêtres ont été détruites, plus de portes, toutes les personnes présentes étaient touchées  d’éclats de verre,( ma sœur a d’ailleurs toujours la trace de cela).

      Sitôt nos émotions passées (notre peur plutôt) nous nous sommes précipités dans le logement de nos grands-parents et là, même constat. Tout était cassé (fenêtres et portes) tous les meubles renversés mais aucune trace de ma grand-mère et de ma petite sœur qu’elle gardait, ni de mon grand-père qui était parti cueillir des fruits. En désespoir de cause nous nous sommes dirigés vers la route de Buxy et là, miracle, nous avons retrouvé les grands-parents à l’abri chez des amis, le couple Delphin, qui les avait mis à l’abri. Le trajet avait été dur et long  car nous devions sauter d’un arbre à l’autre pour ne pas recevoir de débris sur la tête. Il faut dire que la Voie Romaine avait encore ses plantations sur un côté.

Source: Marcel Vallot

    Pendant le trajet nous avons été doublés par une partie du corps des sapeurs-pompiers qui allaient « en Californie » ; l’autre partie rejoignait les mêmes lieux mais en passant par la R.N.6 le long de la Saône. Tout cela pour pouvoir attaquer les incendies par deux côtés. Malheureusement ces derniers furent empêchés d’aller plus loin que le pont (effondré d’ailleurs) de la Thalie, empêchés par les menaces d’un officier allemand. Et les trains continuaient de brûler côté prairie.

      Plus tard nous avons appris que ces trains étaient remplis de déportés juifs (hommes, femmes, enfants) et de prisonniers qui  devaient être transférés dans les camps de concentration alsaciens ou allemands. Il n’en est resté que de la cendre au milieu de la ferraille tordue des wagons. Et les explosions continuaient. Le pire est que personne ne parle de cette situation, même pas pendant la journée d’hommage aux victimes de la déportation, dans les discussions on parle des centaines, voire peut-être un millier d’allemands tués ou morts des suites de leurs blessures mais jamais de ces malheureux déportés. Et  d’après les comptes non officiels on  parle aussi des quelques civils San-Rémois ou cheminots tués mais à voix basse.

      Rapport du capitaine Royer, commandant la compagnie de sapeurs-pompiers de Chalon, (extraits du rapport sur ce 25 août 1944.)

     Suites de cette tragique journée : le long de la Voie Romaine un infirmier allemand soignait les blessés qu’il rencontrait. Comme une personne lui a fait remarquer qu’il y avait aussi des soldats blessés il a répliqué, mais en bon français : « civils d’abord, eux peuvent attendre ». Nous avons alors pensé qu’il s’agissait d’un ‘malgré nous alsacien ou lorrain’.

      Par la suite il nous a fallu rester à l’abri chez nos amis car, au moins jusqu’à huit heure du soir, il continuait de tomber des débris de wagons, de bois ou de métal, et peut-être même des débris humains. (a toutes fins utiles on peut revoir un reste de wagon fiché en terre à côté du puits du parc Monet). Des amis ont retrouvé de mêmes éléments en nettoyant leur parc ces dernières années.

Source: Marcel Vallot

Dès que nous avons pu nous avons repris le chemin de Chalon par la Voie Romaine et tout le long nous n’avons rencontré que de la désolation: vitrines défoncées chez les commerçants, fenêtres brisées et rues jonchées de débris de verre y compris dans les quartiers chalonnais proches de la gare.

      A notre retour un voisin chalonnais nous proposa d’aller chercher mes grands-parents et mes sœurs avec sa voiture de façon à pouvoir aussi rapporter ce qui pouvait être récupéré. Nous avons bien sûr accepté avec joie. Il paraît que lors de notre retour je chantais à tue-tête.

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                     Les lendemains qui ne chantaient pas

      Parlons d’abord des aviateurs : je vous ai signalé celui quoi avait été touché par la D.C.A. allemande. Après avoir pris le chemin de la Bresse, le pilote a ordonné à son jeune coéquipier de sauter en parachute, ce qu’il a fait. Il a été récupéré par un médecin qui passait par là et qui lui a fait rejoindre le maquis. Quant au pilote il a préféré détruire son appareil dans les environs de Lans en restant aux commandes pour que l’avion ne s’écrase pas sur des lieux habités.

Pour l’autre avion, il avait repris le chemin de son aéroport mais il a été abattu par la chasse allemande. Les occupants ont, bien sûr, été tués.

      Sur Saint-Rémy maintenant : que ce soient les pompiers, les équipes de défense passive ou les allemands, tous étaient occupés à essayer d’éteindre les incendies et à fouiller les ruines pour savoir s’il y avait encore des morts ou des blessés.

      Pendant toute la nuit et une partie du lendemain matin les convois transportant les cadavres se succédaient pour faire disparaître les traces. Par chance les entrepôts de goudron n’avaient pas bougé.

Et puis ce fût la recherche des débris de trains. En fait on en retrouva, et de très importants et ce jusqu’à Saint-Marcel et même au-delà. Je vous ai d’ailleurs signalé qu’il y en avait peut-être encore. Je me souviens d’un essieu dans la Thalie encore là dans les années soixante. Il y est peut-être toujours. Et puis le lendemain du jour tragique mon père a souhaité que nous retournions au Relais pour essayer de récupérer quelques papiers importants et de l’argent que, bien sûr, mes grands-parents avaient laissés. Nous avons retrouvé le logement en triste état mais avons pu retrouver ce que nous cherchions. Comme nous étions montés par la Voie Romaine et que mon père faisait partie de la défense passive en tant que sapeur-pompier il a voulu se rendre compte des dégâts à Californie. Nous sommes donc rentrés à Chalon par la RN6 le long de Saône. En arrivant près du café tenu par un certain monsieur Bon nous avons eu la surprise de voir beaucoup de San-Rémois et autres sortir du petit chemin menant à l’huilerie Mamessier. Renseignements pris on nous a dit que les allemands laissaient les civils se servir en conserves dans les wagons brûlés, sauf les cigarettes. Nous avons suivi le mouvement et avons rapporté des provisions pas très froides mais qui nous ont servis un certain temps.

       Et ce fût le retour par la route nationale  avec la vision de tous les bâtiments en ruine et les équipes de déblaiement.

       Un peu plus tard il a fallu retourner au Relais pour clôturer les fenêtres avec des toiles goudronnées en attendant leur réparation ou remplacement. Par contre notre pauvre poulailler avait été aux trois quart détruit par le souffle des explosions mais bizarrement les volailles étaient restées saines. Mais pendant tout notre trajet nous nous sommes rendu compte que de nombreux San-Rémois réalisaient la même opération que nous, sauf bien entendu ceux habitant Californie où tout était détruit.

      Et puis il y eut la suite. Il fallait bien trouver pour ces gens un abri. C’est ainsi que l’on vit s’ériger le long de la Voie Romaine et dans un lotissement créé le long de la rue Roger Gauthier actuelle toute une série de baraquements en bois, logeant deux familles avec un lopin de terre en jardin, un puits pour l’eau. Certains de ces baraquements resteront en place le long de la rue Auguste Martin jusqu’en fin des années 1960, début de la construction du lotissement Beudet.

      J’en arrêterai là de mes explications un peu trop personnelles mais ce sont les souvenirs d’un gamin de huit ans et même à cet âge-là, on n’oublie pas.

       Marcel Vallot-   Juin 2020   –   pour Saint-Rémy Patrimoine

 Étymologie, toponymie, topographie

I/ Étymologie

L’origine du nom de Saint-Rémy vient du latin Remigius qui désignait le peuple gaulois des Rèmes  (La guerre des Gaules de Jules César). Leur nom signifie «les premiers».

Le chef-lieu  des Rèmes était Durocorter (Durocortorum en latin), actuelle Reims, par ailleurs ville de Saint Rémi, évèque de Reims mort en 533, celui-là même qui baptisa Clovis 1er en 496 environ. Le nom du village était celui de l’église. En France,  53 villes portent le nom  ou s’en rapprochant. [1]


[1] Cercle généalogie Chalon sur Saône

            Prononciation

La prononciation actuelle (2020) est Saint-Rémy.

Cependant, les habitants les plus âgés prononcent encore Saint R’my, qui, selon M. André BAILLY, ancien Président de le Société d’Histoire et d’Archéologie de Chalon (SHAC), aujourd’hui décédé, était la prononciation correcte :

«M. André BAILLY, dans une petite causerie : « Comment l’histoire peut s’écrire », cite quelques exemples fâcheux, ne correspondant pas à l’Histoire ni aux documents qui subsistent.

… On voit la même faute à Saint-R’my (Saint Remigius), où le village paraît avoir disparu au profit d’une petite ville, formée d’étrangers qui imposent Saint-Rémy ; les autorités ont bien créé un blason ayant une allure ancienne (roue éduenne, colonne romaine), mais nient les siècles de Saint-R’my comme si elles en avaient honte.»…[1]

            Gentilé

Les habitants se nomment les San-Rémois et les San-Rémoises.


[1] SHAC – TOME 52 1982-1983

II/ Toponymie

            Evolution du nom de Saint-Rémy

Capellanus de Sancto-Remigio, 1211 (Ferté, H 26).

Saint-Remey près de Chalon, 1360 (C.O., B 11538, f. 6).

Sanctus-Remigius prope Cabilonem, 1366 (C.O., B 10513).

Saint-Remy, 1381-82 (C.O., B 11539, f. 46).

Saint-Romey, 1394 (C.O., B 11540, f. 25).

Saint-Remi, 1431 (C.O., B 11547, f. 26).

Saint-Reymy, 1464 (C.O., B 431).

Saint-Remy prez de Chalon, 1473 (C.O., B 11723, f. 249).

Sainct Remy lez Chalon, 1503 (C.O., B 11730, f. 361).

Sainct Remy prés Chalon, 1548 (C.O., B 10627).

Saint-Remy, 1666 (C.O., C 2887, f. 981).

Saint-Remy-sur-Saône, 1783 (Nouveaux états généraux, f. 274 v.).

Saint-Remy, 1790 (Archives nationales, D IVbis 89).

Bellevue sur-Saône, 1793 (Lexique Noms révolutionnaires, p. 671).

Saint-Remy, an X (bull. des lois, n° 157).

Prononciation traditionnelle : Saint-Remi (et non Saint-

Rémi).

En 1789, Saint-Remy dépendait des bailliages et recettes de Chalon-sur-Saône. Son église, sous le vocable de Saint-Remi, du diocèse et de l’archiprêtré de Chalon-sur-Saône (anc.archiprêtré de la Montagne), à la collation de l’évêque.

Chapelle Saint-Pantaléon à Escles.

Pendant la période intermédiaire, Saint-Remy a fait partie du canton de Varennes-le-Grand.

SAINT-REMY, anc. faubourg, commune de Chalon-sur-Saône.

1844 (Etat-major). Avant 1855, commune de Saint-Cosme.

III/ Topographie

Saint-Rémy fait partie aujourd’hui du canton-sud de Chalon sur Saône. La majeure partie de son territoire est située dans un quadrilatère délimité au nord par une voie ferrée secondaire (qui sépare Saint-Rémy des Charreaux, quartier excentré de Chalon sur Saône), à l’ouest par l’autoroute A6, à l’est par la nationale 6 et la Saône, et au sud par la nationale 80 (route de Buxy).

Deux voies importantes desservent la commune : la D69 ou route de Givry, et l’ancienne « Voie Romaine », la rue Auguste Martin. Le bourg de Taisey centralise l’activité San Rémoise au-delà de l’autoroute A6. Il s’y maintient une activité agricole.

Les espaces de verdure ont été sauvegardés, malgré le développement de l’habitat et de la population. 

            Naissance de la commune

Saint-Rémy est connu depuis l’époque Gauloise (Eduens). Des vestiges d’une villa gallo-romaine ont été mis au jour lors du terrassement en 1970 de l’autoroute A6 (des mosaïques de fresques découvertes en ce lieu sont visibles au Musée Denon à Chalon sur Saône – les couleurs sont encore bien vives.), au lieu-dit «Vigne de Saule».

Avant 1789, la paroisse de Saint-Rémy était composée de deux seigneuries :

  • Les seigneuries de Taisey Escles et Cortelain qui appartiennent à la famille Burgat depuis 1712, domaine opulent avec ses bois, ses vignes, ses terres, ses moulins et le Château de Taisey (maison forte avec sa tour carrée qui subsiste et le château du XVIIème).

La seigneurie de Saint-Rémy qui appartient au Duc de Rohan-Chabot depuis 1758, bien plus modeste, avec  2 ha de terres labourables, 12 ha de prés, une vigne de 6 ha et le moulin de Droux et sa modeste maison à colombages qui tient lieu de château.

En 1790, le 20 février, naît la commune de Saint-Rémy.

En application du décret du 14 décembre 1789 de l’Assemblée Nationale, des affiches sont apposées à Saint-Rémy et le dimanche 7 février 1790 une publication est faite à la messe paroissiale pour fixer au 20 février 1790 la convocation de « l’assemblée des habitants de la communauté de Saint-Rémy pour l’organisation de leur municipalité.

Le procès-verbal de cette Assemblée du 20 février 1790 apporte les précisions suivantes

« La population de la communauté de Saint-Rémy et des hameaux qui en dépendent est composée de 716 «âmes» réparties dans 147 «foyers» comprenant :

  • 126 hommes «tenant feu»
  • 143 femmes dont 21 femmes «tenant feu» 
  • 163 enfants mâles et 178 enfants femelles
  • 52 domestiques mâles et 54 domestiques femelles.

Seuls 85 hommes participeront au vote. Ce sont les citoyens «actifs», assez aisés pour payer un impôt au moins égal à trois journées de travail. Tous sont aussi éligibles à la Municipalité qui devra comprendre 17 membres – dont «1 maire, 5 échevins, 1 procureur et 12 notables».

L’élection eut lieu à bulletin secret – chaque électeur rédigeant son billet et le déposant dans un vase.

Le 1er acte de l’Assemblée fut de désigner par voix du scrutin «un président » et un «secrétaire-greffier»  responsable du bon déroulement de l’Assemblée.

Furent élus respectivement le «Sieur Pelgrin, notaire à Taizey» à la présidence et le «Sieur Lazare Grizeaud, bourgeois à Saint-Rémy» au poste de Secrétariat de l’Assemblée.

Le dépouillement de 4 scrutins fut effectué par les 3 scrutateurs désignés au préalable par l’assemblée.

1er scrutin : Sieur Pelgrin, élu 1er maire de Saint-Rémy avec 50 voix

2ème scrutin : les 5 échevins élus à la majorité absolue sont :

Claude Dupoint, laboureur à Saint-Rémy (57 voix)

Pierre Derain, laboureur à Escles (50 voix)

François Vizier, laboureur à Saint-Rémy (47 voix)

Joseph Dard, maréchal-ferrand à Taisey (46 voix)

S.Vattet, fermier à Cortelin (45 voix)

3ème scrutin : élu «procureur de la commune» : Jean Baron, laboureur à Taisey (49 voix)

4ème scrutin : les 12 «notables» élus, tous «laboureurs» (c’est-à-dire paysans propriétaires) furent dans l’ordre des voix obtenus :

Louis Gautheron l’ancien (Taisey), Marcel Bergerot (Taisey), Claude Roufard (Saint-Rémy), Alphonse Champion (Cortelin), Jean Poulet (Taisey), Hugues Leborgne (Taisey), Louis Friaud (Saint-Rémy, Louis Gautheron le jeune (Taisey), Charles Jacquet (Taisey), Pierre L’Homme (Taisey), Jacques Goujon (Taisey) et Jacques Pernette (Saint-Rémy).

A l’issue de ces scrutins «Maire, Echevins, Procureur de la commune et Notables ont renouvelé leur serment en présence de ladite Communauté Assemblée».

L’Assemblée ayant été close, ils se sont réunis ensuite pour un premier Conseil Municipal dont la première décision fut de désigner «à une voix unanime» le Sieur Grizeaud au poste de «secrétaire-greffier de la Municipalité ». [1]

Pascale BARBIER


[1] Source Bulletin Municipal N° 12 – 1986 – article de M. Georges MONNERET.